Régulation12 août 2026

Le registre MiCA atteint 324 agréments, l'Allemagne reste en tête

Le compteur des prestataires de services sur crypto-actifs agréés dans l'UE et l'EEE s'établit à 324, délivrés par 26 autorités compétentes. L'Allemagne en compte 69, la France 35 et les Pays-Bas 29. Depuis la semaine dernière, ce registre est aussi consultable en dehors de l'ESMA.

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L'état des lieux au 10 août

Au 10 août 2026, le registre MiCA recensait 324 prestataires de services sur crypto-actifs agréés (CASP), répartis sur trente marchés de l'UE et de l'EEE et délivrés par 26 autorités compétentes nationales.

La répartition entre les dix pays comptant le plus d'agréments :

PaysAgréments
Allemagne69
France35
Pays-Bas29
Chypre25
Malte22
Espagne15
Luxembourg13
Irlande12
Liechtenstein12
Autriche11

À titre de comparaison : fin juin, ce même registre en comptait 244. Ces deux chiffres proviennent de publications différentes d'une même source — le registre public de l'ESMA — et ont été relevés à des moments distincts. Il faut donc y lire une direction, et non une progression exacte de quatre-vingts.

Pourquoi l'Allemagne est en tête

L'Allemagne partait avec une longueur d'avance : avant même MiCA, la BaFin délivrait déjà des agréments pour la conservation de crypto-actifs au titre de sa propre Kreditwesengesetz. Les entreprises qui détenaient déjà ce document n'ont pas eu à convaincre leur autorité compétente en partant de zéro. Il en va de même, dans une moindre mesure, pour les Pays-Bas et la France, où l'enregistrement auprès de la DNB et le régime français PSAN ont respectivement servi d'antichambre.

Cela explique aussi pourquoi ces chiffres ne disent rien de la taille du marché. Un pays qui compte beaucoup d'agréments compte surtout beaucoup d'entreprises déjà inscrites quelque part dans un registre.

Le registre est désormais consultable

Le 5 août, la MiCA Crypto Alliance a lancé un tracker qui convertit les données du registre de l'ESMA en une liste consultable : filtrage par entreprise, par pays, par autorité compétente, par date d'agrément et selon les services que cet agrément couvre précisément.

C'est ce dernier point qui compte. Un agrément pour la conservation n'est pas un agrément pour l'exploitation d'une plateforme de négociation, et dans la communication des prestataires cette différence disparaît souvent derrière la formule « agréé MiCA ». Pour savoir ce qu'un acteur a réellement le droit de faire, il faut regarder les catégories de services.

Ses concepteurs précisent eux-mêmes que leur tracker est un outil indépendant et non une base de données officielle. La remarque est justifiée : le registre de l'ESMA reste la source, le tracker n'en est qu'un reflet, mis à jour chaque semaine.

Ce que cela implique au moment de choisir une plateforme

Trois points méritent d'être vérifiés par vous-même avant d'ouvrir un compte quelque part.

Quelle entité juridique détient l'agrément. Les grands noms opèrent avec plusieurs entités. Un agrément au nom de la filiale européenne ne dit rien de la plateforme mondiale, et inversement.

Quels services il couvre. La conservation, l'exécution d'ordres, l'exploitation d'une plateforme de négociation et l'échange contre des fonds sont des catégories distinctes.

S'il couvre les dérivés. Ce n'est pas le cas de MiCA. Qui propose des dérivés a besoin pour cela d'un autre agrément, au titre de MiFID.

Sur ce site, nous ne citons que les acteurs qui figurent eux-mêmes dans le registre. Qu'une entreprise n'y figure pas, nous ne le publions pas : cela peut s'expliquer sans rien de suspect, par exemple par une demande en cours ou par un agrément obtenu dans un autre État membre et pas encore transmis.

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