Web34 août 2026

36 prestataires de paiement vont tester l'euro numérique

La BCE a retenu 36 acteurs parmi plus de 50 candidats pour le pilote de l'euro numérique. Il démarre au second semestre 2027 et dure douze mois. Une émission n'est possible qu'à partir de 2029, et seulement si le texte est adopté d'ici là.

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La Banque centrale européenne a sélectionné 36 prestataires de services de paiement pour tester l'euro numérique. Plus de 50 acteurs s'étaient portés candidats ; la sélection a été annoncée le 14 juillet 2026. Dix-neuf banques centrales nationales de la zone euro y participent. La Bulgarie et Malte n'en font pas partie.

Qui participe

Parmi les acteurs retenus figurent de grandes banques comme Deutsche Bank et UniCredit, ainsi que des sociétés de paiement telles que Revolut, Adyen et Stripe. Le dosage est délibéré : des banques établies qui gèrent des millions de comptes, aux côtés d'acteurs habitués à déployer vite de nouveaux moyens de paiement. Les candidatures ont été déposées en mars 2026.

Ce qui sera réellement testé

Le pilote débute au second semestre 2027 et se déroule sur douze mois. Il porte sur une version bêta en conditions réelles : paiement en magasin, paiement entre particuliers, en ligne et hors ligne. La BCE examinera la robustesse, la facilité d'usage, la capacité de montée en charge, l'infrastructure technique, les processus opérationnels et l'expérience de l'utilisateur.

Le volet hors ligne est la partie la plus intéressante. Un paiement qui fonctionne sans connexion internet est techniquement délicat, et c'est précisément ce que les espèces permettent et pas une carte bancaire. Reste au pilote à montrer si cela tourne rond en pratique.

Pas d'intérêts, mais un plafond

Sur la conception, la BCE est claire : l'euro numérique ne versera aucun intérêt et un plafond de détention sera fixé. Ce plafond vise à éviter que l'épargne ne migre massivement des comptes bancaires vers la banque centrale, ce qui pèserait sur le financement des banques. Pour les consommateurs, le service de base sera gratuit, proposé par des prestataires de paiement soumis à la supervision.

Et l'euro numérique ne remplacera pas les espèces. Christine Lagarde l'a formulé ainsi : les espèces et l'euro numérique auront tous deux cours légal, ce qui signifie que nulle part en Europe on ne pourra vous dire que vos billets ne sont pas acceptés.

Le texte n'est pas encore adopté

C'est le point que la plupart des articles laissent de côté. Le Parlement, le Conseil et la Commission négocient encore le règlement. La BCE a dit explicitement qu'elle ne déciderait d'émettre qu'une fois ce règlement adopté. L'approbation formelle est prévue pour 2027 ; une première émission pourrait alors intervenir en 2029 au plus tôt.

Le pilote n'est donc pas un lancement. C'est un test qui doit être bouclé au moment où le politique aura tranché, pour éviter deux années de construction supplémentaires derrière.

Ce que cela change pour vous

Pour qui détient des cryptos, l'euro numérique n'est pas un concurrent du bitcoin, mais bien un concurrent des stablecoins en euro. Un euro numérique gratuit, émis par la banque centrale et doté du cours légal, couvre exactement l'usage pour lequel vous prendriez aujourd'hui de l'EURC ou de l'EURCV lors d'un paiement dans l'économie réelle. Pour le trading sur un exchange, peu de choses changent : ce qui compte y est la disponibilité sur la plateforme, pas le cours légal.

Concrètement : rien ne devrait changer à vos paiements quotidiens avant 2029, et les années qui viennent détermineront surtout si les banques et les applications de paiement en tirent quelque chose d'utilisable.

Sources : Banque centrale européenne (page et FAQ sur le pilote de l'euro numérique, sélection annoncée le 14 juillet 2026), Euronews, 14 juillet 2026. Dernière vérification : 4 août 2026.

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